Cotes & Chevaux

Actualité automobile

3 800 à 50 000 hybrides chinois importés en deux ans : BYD, MG, Omoda et Jaecoo face à un possible quota européen

Les hybrides chinois importés en Europe ont été multipliés par 13 en deux ans. BYD, MG, Omoda, Jaecoo : ce qu'un quota changerait pour vous.

Publié le · par

Rangée de SUV hybrides neufs sur un parc de stockage portuaire européen, vue au téléobjectif derrière un grillage

Vous hésitez entre un SUV hybride chinois et une rivale européenne ? Le marché bouge vite. D'après le quotidien britannique Financial Times, Pékin refuse de freiner ses envois, et Bruxelles étudie un quota, après un bond de 3 800 à près de 50 000 hybrides importés en moins de deux ans.

En bref

  • Les importations d'hybrides chinois en Europe sont passées d'environ 3 800 en octobre 2024 à près de 50 000 en juillet 2026.
  • Bruxelles voudrait ramener la part chinoise du marché européen des hybrides d'un peu plus d'un tiers à environ 15 %.
  • Un quota avec droits de douane élevés au-delà du plafond est étudié, mais aucune décision officielle n'a été prise.

Le chiffre clé : 50 000, hybrides d'origine chinoise importés en Europe en juillet 2026, contre 3 800 en octobre 2024.

Une multiplication par 13 en moins de deux ans

Les chiffres qui circulent en Europe sont rares dans le secteur : environ 3 800 hybrides chinois importés en octobre 2024, près de 50 000 en juillet 2026. Un mois d'importations a donc été multiplié par plus de 13 en moins de deux ans. Aucun autre signal du marché ne résume mieux la vitesse de l'offensive.

Ces volumes ne sont pas anodins pour l'acheteur. Quand un type de voiture passe de la niche à plusieurs dizaines de milliers d'unités par mois, l'offre s'élargit dans les concessions, et la concurrence sur les prix s'intensifie. C'est exactement ce qui inquiète les constructeurs européens, qui doivent déjà financer leur transition industrielle.

Précision utile : ces chiffres portent sur l'ensemble de l'Europe, pas sur la France seule. Les données publiées ne détaillent pas la part des acheteurs français dans ce total.

Les droits sur l'électrique ont poussé les Chinois vers l'hybride

Pour comprendre cette envolée, il faut revenir à 2024. Cette année-là, l'Union européenne a frappé les voitures électriques fabriquées en Chine de droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 35,3 %, en plus des 10 % habituels. Les hybrides, eux, n'étaient pas concernés.

La suite était prévisible. Les constructeurs chinois ont renforcé leur offre sur le créneau resté ouvert : hybrides simples et hybrides rechargeables, souvent des SUV aux tarifs serrés. La taxe visait une technologie, ils ont déplacé leur effort vers l'autre.

Bruxelles avait d'ailleurs déjà envisagé d'étendre les surtaxes aux hybrides chinois. Elle a ensuite privilégié la discussion, qui n'a visiblement pas donné le résultat espéré.

BYD, MG, Omoda et Jaecoo : les marques qui misent sur le rechargeable

Parmi les acteurs cités, on trouve BYD, MG et les marques du groupe Chery, Omoda et Jaecoo. Toutes ont fortement misé sur les hybrides rechargeables, les PHEV, qui combinent une batterie rechargeable sur prise et un moteur thermique.

Pour vous, c'est une information concrète : si vous visitez un showroom de l'une de ces enseignes, vous y verrez surtout des SUV, souvent positionnés à des prix serrés. C'est la recette qui a nourri la progression des importations.

Les chiffres publiés ne détaillent pas les modèles un par un, ni leurs prix en France. Vérifiez donc, avant de signer, le tarif catalogue, l'autonomie électrique annoncée et les équipements de la version visée, comme pour n'importe quelle voiture neuve.

Bruxelles veut diviser la part chinoise par plus de deux

L'objectif européen est chiffré. Les hybrides d'origine chinoise représenteraient aujourd'hui plus d'un tiers du marché européen de ce type de véhicules. Bruxelles voudrait redescendre autour de 15 %.

Ce n'est pas un simple réglage : cela reviendrait à diviser cette part par plus de deux. Le tableau ci-dessous résume les repères à retenir.

RepèreValeur
Hybrides chinois importés, octobre 2024environ 3 800
Hybrides chinois importés, juillet 2026près de 50 000
Part chinoise du marché européen des hybridesplus d'un tiers
Part visée par Bruxellesautour de 15 %
Droits sur les électriques chinoises (2024)jusqu'à 35,3 % en plus des 10 % habituels

Un quota avec droits de douane élevés : le principe et les inconnues

Faute d'accord avec Pékin, la Commission examinerait une mesure de sauvegarde commerciale. Le principe : fixer un volume maximal d'importations, avec des droits de douane élevés au-delà du seuil. L'idée serait de freiner la progression le temps de trouver une issue négociée.

Prudence cependant : il n'existe aucune décision officielle, ni sur le plafond, ni sur la durée, ni sur les conditions. Tout reste à l'état d'hypothèse de travail.

Autre point à surveiller : selon la façon dont le dispositif serait conçu, il pourrait aussi toucher des constructeurs d'autres pays, comme le Japon, la Corée du Sud ou le Royaume-Uni. Des marques qui exportent aussi vers l'Europe pourraient donc être concernées, et pas seulement les marques chinoises.

Pékin refuse, et le Financial Times le confirme par ses sources

Selon des sources citées par le Financial Times, la Chine n'est pas prête à limiter d'elle-même ses envois d'hybrides vers l'Europe, ce que l'Union lui avait demandé. Pékin défend publiquement le droit de ses constructeurs à concourir sur le marché mondial.

Les discussions se poursuivent. Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, est en Chine les 8 et 9 octobre. Il doit y rencontrer notamment le ministre du Commerce, Wang Wentao.

L'automobile sera à l'ordre du jour, aux côtés du déficit commercial européen, de plus d'un milliard d'euros par jour selon Bruxelles, et des restrictions chinoises sur les matières premières stratégiques. Une piste alternative existe : remplacer les droits sur les électriques par des prix minimaux.

Ce que cela change pour vous, acheteur français

Pour l'instant, rien d'officiel : les hybrides chinois entrent toujours en Europe aux conditions actuelles. Les modèles des marques citées restent donc disponibles, sans changement de règle annoncé.

Le risque se situe plus loin. Si un quota voyait le jour, il compliquerait la suite pour plusieurs marques chinoises. Il ouvrirait aussi, sans doute, un nouveau front commercial avec Pékin. Les conséquences sur les prix ou les délais en France ne sont pas chiffrées à ce stade, et il serait hasardeux d'en prédire.

  • Comparez les offres actuelles avec celles des rivales européennes et japonaises.
  • Demandez les conditions de prix et de livraison par écrit.
  • Suivez l'issue de la rencontre des 8 et 9 octobre en Chine.

Vos questions

Combien d'hybrides chinois sont arrivés en Europe ?

Environ 3 800 hybrides ont été importés en octobre 2024, contre près de 50 000 en juillet 2026. Cela représente plus de 13 fois plus en moins de deux ans.

Un quota sur les hybrides chinois est-il décidé ?

Non. La Commission européenne examine une mesure de sauvegarde, avec un volume maximal d'importations et des droits élevés au-delà. Aucune décision officielle n'existe sur le plafond, la durée ou les conditions.

Quelles marques chinoises sont concernées ?

BYD, MG et les marques de Chery, Omoda et Jaecoo, ont fortement misé sur les hybrides rechargeables. Selon la conception d'un éventuel quota, des constructeurs japonais, sud-coréens ou britanniques pourraient aussi être touchés.

Sources : Auto Plus.